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L'HIMALAYA EN ACCÉLÉRÉ

Au cours des mois de juillet et d'août, l'Himalaya affronte les plus fortes des moussons du Sud-Ouest et les arrête en pleine action. C'est un peu comme si les éléments se battaient pour ces prairies sauvages et ces sommets vertigineux. La violence est inouïe. Le vent tourne et le tonnerre gronde, dans un brouhaha étourdissant. Des éclairs illuminent de temps à autre le ciel avant de disparaître rapidement sous la pluie. Quel plaisir et quelle émotion de se retrouver au milieu de tout cela, votre appareil photo à portée de main.

Par la force des éléments, Anurag Jetley a découvert les joies de la photographie au cours d'une randonnée dans l'Himalaya. Son équipement se composait alors d'un appareil photo emprunté, de six rouleaux de pellicule et d'une couche de vêtements insuffisante pour lui tenir chaud. C'est ainsi que, à son insu, il s'est lancé dans la photographie de l'élément insaisissable qu'est le temps.

Ce n'est qu'après avoir découvert les reflex numériques qu'Anurag s'est réellement intéressé à la photographie. « Le numérique est arrivé. Il ne s'agissait plus d'exposer une pellicule, mais de saisir la lumière. Tout à coup, la réalisation de panoramas de grande qualité est devenue un exercice à la portée de tous. Ce qui était auparavant une spécialité très exclusive et onéreuse est soudain devenu accessible et abordable. »

Anurag considère ses photos non pas comme des images, mais plutôt comme des scènes constituées de nombreuses prises de vue qui racontent des histoires individuelles. L'ajout d'un élément temporel, dit-il, modifie visuellement la perception que les personnes ont d'un endroit et apporte de la fantaisie à la présentation, ce qui est assez captivant lorsque le travail est bien réalisé.

Méthode

Plusieurs repérages et une observation prolongée du lieu avec une boussole constituent les points déterminants de la photographie en accéléré. Il est impératif de savoir repérer le Nord afin d'anticiper l'effet du soleil, de la lune et des ombres sur le lieu choisi. En fonction de l'effet de ces éléments temporels sur le paysage, Anurag essaie de concevoir une prise de vue permettant de saisir au moins une partie de son essence. Une fois cette opération effectuée, il s'agit simplement d'exécution.

Pour obtenir le cliché qu'il souhaite, Anurag doit parfois grimper, lourdement chargé, jusqu'à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il souligne l'importance de disposer de suffisamment d'eau et de provisions pour toute la durée de la séance de prises de vue, ce qui peut prendre des heures si les conditions météorologiques sont mauvaises. “Parfois, le froid est si intense que d'importants préparatifs sont nécessaires avant la réalisation des prises de vue afin de garantir le bon fonctionnement de vos appareils photo, du matériel de contrôle des mouvements et de votre propre corps.”

Selon lui, la plupart du temps, la photographie en accéléré est un exercice de patience solitaire dans lequel il n'est jamais possible de brûler les étapes. L'apprentissage peut être long, car même lors d'une bonne journée en termes de réalisation de clichés, vous revenez tout au plus avec deux ou trois photos. Il n'existe aucun raccourci.

Objectifs et réglages de l'appareil photo

Les éléments changeant avec le temps, Anurag préfère régler tous ses paramètres manuellement. Les intervalles entre les prises de vue dépendent du facteur temporel. Pour photographier les nuages par exemple, il utilise un intervalle de 4 secondes maximum. S'il photographie le mouvement des ombres par une journée claire, un intervalle de quinze secondes donne un résultat optimal. De même, pour les prises de vue de la Voie lactée, un intervalle de 35 secondes est idéal. Dans le cas de prises de vue classiques, Anurag opte pour la fiabilité de son objectif grand-angle AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G ED. Pour les prises de vue à bascule/décentrement, il utilise généralement un objectif plus long, comme l'AF-S DX NIKKOR 16-85 mm f/3.5-5.6G ED VR, en fonction de la hauteur à laquelle il se trouve par rapport au sol.

Conditions météorologiques

Bien que les conditions météorologiques puissent être rudes, Anurag explique que le moment le plus majestueux pour parcourir la région montagneuse est la saison de la mousson. Lorsque l'on fait une prise de vue en accéléré, on ne souligne jamais assez l'importance d'être bien préparé aux conditions météorologiques, explique-t-il. Lorsque vous prenez des photos sous un soleil brûlant, avec des températures dépassant les 46 degrés Celsius, il est indispensable d'élaborer un système permettant de créer de l'ombre pour l'appareil photo. Lorsque vous photographiez un ciel nocturne dans les montagnes, avec des températures inférieures à zéro, vous devez disposer de suffisamment d'accumulateurs de rechange pour l'appareil photo et le système de contrôle du mouvement, dans la mesure où les accumulateurs se déchargent plutôt rapidement quand il fait froid. Prendre des clichés pendant la saison de la mousson est un exercice totalement différent, affirme Anurag. Dans les endroits reculés, il est indispensable de rendre votre appareil photo étanche.

Réglage graduel de l'exposition

Sur un appareil photo, il est crucial de régler l'exposition manuellement, car les conditions changent fréquemment tout au long de la journée. Les transitions jour-nuit ou nuit-jour (« holy grail » de la photographie en accéléré) peuvent entraîner une modification de l'exposition pouvant aller jusqu'à quatorze diaphragmes.

Le processus consistant à modifier graduellement les expositions est appelé « ramping ». Bien que ce processus puisse être effectué automatiquement, Anurag préfère le faire manuellement, car il bénéficie ainsi d'un contrôle plus précis. Dans un accéléré dans le sens jour-nuit, vous devez généralement commencer par diminuer la vitesse d'obturation pour corriger la diminution de l'exposition. Vous ouvrez ensuite l'ouverture (plus petite valeur f) afin de compenser une réduction supplémentaire de l'exposition. Enfin, vous augmentez la sensibilité pour compenser le manque de lumière lorsqu'il commence à faire vraiment très sombre. Le réglage graduel de l'exposition s'obtient donc en modifiant les trois paramètres qui contrôlent l'exposition. La vitesse d'obturation, l'ouverture et la sensibilité ISO.

Pour réaliser des prises de vue en accéléré, tout ce dont vous avez besoin est un trépied, un appareil photo qui permet de photographier à des intervalles réguliers et un intervallomètre pour déclencher l'appareil photo si cet accessoire n'est pas intégré, explique Anurag. « À mesure que vous vous familiarisez avec la technique, vos ambitions augmentent. C'est alors que vous pouvez ajouter du matériel. »

Matériel

Anurag préfère les appareils Nikon, car la plupart d'entre eux disposent d'un intervallomètre intégré. Il utilise plusieurs appareils pour ses prises de vue dynamiques. Lorsqu'il s'agit d'une prise de vue en accéléré classique, Anurag utilise son Nikon D800 ou D7100, ou encore un D300. Ses panoramas époustouflants sont pris avec des objectifs AF-S NIKKOR 14-24 mm f/2.8G, AF-S DX NIKKOR 16-85 mm f/3.5-5.6G ED VR, AF-S DX NIKKOR 18-105 mm f/3.5-5.6G ED VR et AF-S VR Micro-NIKKOR 105 mm f/2.8G IF-ED. Il utilise des trépieds et un système sans curseur de perception dynamique de niveau avec trois commandes de mouvements des axes permettant de réaliser un panoramique horizontal et vertical, et de faire glisser l'appareil si la situation l'exige. S'il se rend dans un endroit reculé, il emporte généralement huit accumulateurs pour l'appareil photo, ainsi que des packs d'accumulateurs supplémentaires. Il souligne que dans le cas de voyages, il est important d'emporter de nombreuses cartes mémoire et au moins deux disques durs (de 2 To chacun).

Ses principaux conseils :
• Soyez patient. Soyez très, très patient !
• L'observation et un repérage détaillé, voire parfois plusieurs repérages, sont indispensables.
• Utilisez votre appareil photo en mode manuel. Vous pouvez ainsi contrôler davantage l'ensemble du processus.
• Prenez des photos au format RAW (format brut). Profitez pleinement des fonctionnalités de capture d'image de votre appareil photo. De plus, pour les prises de vues de transitions jour-nuit ou nuit-jour, la balance des blancs dans la scène change considérablement à mesure que le jour tombe ou se lève. Si vous prenez des photos au format JPEG, cela devient un problème.
• Transportez suffisamment d'accumulateurs et de cartes mémoire ou de disques durs pour les sauvegardes.
• Le mauvais temps est un allié pour la photographie en accéléré. L'évolution rapide des nuages peut apporter un effet spectaculaire. Assurez-vous de prendre les conditions météorologiques en compte dans votre plan de prise de vue.
• Recherchez l'intensité dramatique dans le ciel. Toute la magie est là.
• Essayez de profiter des levers et couchers de lune pour donner ce côté magique à vos clichés.

À propos d'Anurag

Comme il l'explique lui-même : « J'accumule des instants pour représenter la continuité sans fin appelée temps. Oui, il s'agit de la photographie en accéléré et c'est ce que je pratique. » Il y a 4 ans, Anurag a décidé de se consacrer à la création d'accélérés et depuis lors, il n'a cessé d'explorer cette technique. Il réalisait auparavant des documentaires et créait des émissions dans plusieurs formats télévisuels, et tout l'argent qu'il a gagné, il l'a dépensé dans sa passion pour la photographie. Il n'a jamais regretté cette décision.